C’est dans une salle de conférence pleine que s’est tenue ce jeudi 15 juin 2017 une journée scientifique organisée par l’Ecole de Santé Publique au profit des infirmiers titulaires et médecins directeurs des formations sanitaires du niveau primaire de la Ville de Kinshasa. Cette journée scientifique qui s’inscrit dans le cadre de dialogue entre les chercheurs venant des universités et les bénéficiaires, prestataires de soins était organisée avec le concours de la Division provinciale de la Santé de Kinshasa à travers son Bureau en charge de la formation continue. Pendant cette journée, deux cadres scientifiques de l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Kinshasa ont présenté tour à tour les résultats de leur recherche doctorale, menée au niveau des institutions sanitaires.

La première présentation faite par Dr Lulebo Aimée, portait sur le contrôle de la pression artérielle dans les structures du niveau primaire de Kinshasa. Cette recherche a montré que les maladies chroniques non transmissibles dont l’hypertension artérielle n’étaient pas prises en charge de manière efficace  dans les structures de soins du niveau primaire. Cela se manifestait par un contrôle faible de la pression artérielle et la survenue fréquente des complications conduisant à de décès prématurés et à des invalidités. Cette situation s’explique par la faible disponibilité des ordinogrammes, d’ailleurs non à jour, le faible niveau de connaissances et compétences de prestataires de soins. L’élaboration d’un ordinogramme approprié et la formation des prestataires ont permis d’améliorer cette situation.

La seconde présentation abordait l’amélioration de la performance des prestataires par le biais de mécanismes de redevabilité sociale. Cette recherche menée dans les zones de santé de Bolenge en Equateur et de Muanda dans le Kongo central a montré que les mécanismes de redevabilité sont presque inexistants au niveau de système de santé en RDC et que les préoccupations et les besoins de femmes ne sont pas pris en compte dans l’offre de soins de santé maternelle. Cette situation s’explique par l’asymétrie de pouvoirs entre les prestataires et les clients, la non fonctionnalité des mécanismes existants et des facteurs socio-culturels, économiques et politiques. L’étude a montré qu’en outre le renforcement de la participation communautaire notamment par la formation de relais communautaires, leur implication dans la collecte active de préoccupations de femmes, la discussion des préoccupations au niveau de comité de santé, la formation et recyclage des prestataires de soins, l’implication des gestionnaires de zones de santé peuvent permettre de corriger la situation.  Après chaque présentation, la parole était donnée aux prestataires présents pour partager leurs expériences, poser des questions et réagir  par rapport aux résultats.

Cette rencontre scientifique qui a réuni 160 personnes dans la salle de conférence du CNTS Kinshasa a été financée par le programme WOTRO à travers le projet KNET Africa basé à Makerere University School of Public Health. Elle avait pour but d’améliorer l’utilisation des évidences produites par la recherche en facilitant le dialogue entre les chercheurs et les utilisateurs de connaissances, que sont les prestataires de soins. A l’issue de cette réunion les notes d’informations ont été distribuées aux participants.