Le projet RIPSEC est implémenté au sein de l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Kinshasa depuis l’année 2016. Depuis le début de sa mise en œuvre, ce projet octroi, chaque année, des bourses de recherche aux apprenants inscrits au programme de master en santé publique. Pour l’année académique 2016-2017, trois candidats ont bénéficié, chacun, de cette bourse dont le montant s’éleve à 1200 euros.

Avec ce financement, ces apprenants ont produit les travaux de mémoire suivants :

  • Evaluation de l’accès à l’eau-hygiène et assainissement dans les formations sanitaires des zones de santé de Gombe Matadi & Lemba par BANTAPI NKUNA Télé ;
  • Analyse du système de référence et contre-référence dans la Zone de santé de Gombe Matadi par Jérémie VUTEGHA ;
  • Déterminants de la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes chez les femmes en âge de procréer : cas de la zone de santé de Gombe Matadi

Les résumés de ces différents travaux de mémoire sont ci-joints :

Abstrat 1 :

Analyse du système de référence et contre-référence dans la Zone de santé de Gombe Matadi

Jérémie Vutegha , Dieudonné Mpunga, Séraphin MVUDI MATINGO, Antoinette TSHEFU

Introduction

Le potentiel du système de référence et contre référence n’est pas suffisamment exploité en République Démocratique du Congo et cela se traduit par la persistance des fortes morbidité et mortalité ainsi que des incapacités évitables. L’objectif de cette étude était d’analyser le système de référence et de contre-référence dans la Zone de Santé de Gombe Matadi

Méthodes 

Une étude utilisant une approche mixte, à la fois quantitative et qualitative a été organisée dans les ménages et les formations sanitaires de la ZS de Gombe Matadi d’octobre 2017 à Janvier 2018. Les données ont été collectées par interview structurée des prestataires de soins et des chefs des ménages ; par une revue documentaire et à l’aide de deux focus groups. L’étude s’est intéressée à identifier les facteurs limitant l’utilisation du système de référence et contre référence.

Résultats  

Dans la ZS de Gombe Matadi, près de 35% des malades référés par les Centres de Santé n’arrivent pas à l’Hôpital, le taux des références abouties s’éleve à 5%. Les  causes de refus de la référence par le patient sont : la longue distance entre le ménage et l’HGR (avec p de 0,031),  la perception négative des patients quant à la compétence des prestataires de l’HGR (p=0,038), la non perception de la gravité de la maladie (p= 0,01), le long delai d’attente avant les premiers soins (p=0,001), le coût de transport élevé vers l’HGR (p= 0,004), le mauvais accueil à l’HGR (p = 0,012).

Conclusions 

Le système de référence et de contre-référence est peu fonctionnel au sein de la ZS de Gombe Matadi. Cet état de choses pourrait expliquer la sous-utilisation de l’HGR et la presistance des décès sous notifiés dans la communauté. Les responsables sanitaires  peuvent agir sur la majorité des facteurs sus-évoqués envue d’améliorer la qualité des soins fournis aux malades.

Mots clés : Référence et contre référence, facteurs de refus, qualité de l’offre et de la demande des soins de santé.

Abstrat 2 :

Evaluation de l’accès à l’eau-hygiène et assainissement dans les formations sanitaires des Zones de santé de Gombe Matadi & Lemba, en République Démocratique du Congo

Télé Bantapi Nkuna, Dieudonné Mpunga Mukendi, Joël Konde Nkiama

Introduction

L’eau, l’hygiène et l’assainissement (EHA) dans les formations sanitaires constituent une priorité mondiale en ce qu’ils jouent un rôle fondamental dans la prévention et le contrôle des infections. Cependant, l’accès à l’EHA reste un défi majeur pour les les formations sanitaires dans les pays à revenu faible et intermédiaire, y compris la RDC. L’objectif de cette étude était d’évaluer les indicateurs relatifs à l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans

les formations sanitaires des ZS Gombe Matadi et Lemba.

Méthodes

Une étude descriptive transversale a été menée en Janvier 2018 dans les deux Zones de santé où un échantillon de 36 formations sanitaires dont 21 à Gombe Matadi et 15 à Lemba ont été visitées. Les données ont été collectées par observation directe à l’aide d’un canevas et par interviews structurées des responsables de ces formations sanitaires.

Résultats

L’évaluation de l’accès à l’eau dans les deux Zones de Santé a montré que 3 sur 36 formations sanitaires (8,3%) dont une dans la ZS de Gombe Matadi et deux dans la ZS de Lemba avaient accès à l’eau. Aucune formation sanitaire n’a accès à l’hygiène, ni à l’assainissement dans ces Zones de Santé. En outre, à peine 2 sur 36 formations sanitaires, toutes situées dans la ZS de Lemba, faisaient la promotion des mesures d’hygiène.

Conclusions

L’accès à l’eau hygiène et assainissement reste très limité dans les formations sanitaires, situation davantage accentuée  en milieu rural. En outre, la composante EHA regorge beaucoup de faiblesses sur le plan organisationnel et promotionnel dans les formations sanitaires.

Mots-clés : formations sanitaires, Eau, Hygiène, Assainissement, Evaluation,  

Déterminants de la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes chez les femmes en âge de procréer : cas de la zone de santé de Gombe Matadi

Marie-Jeanne Katoka Fuanda, Emile Okitolonda Wemakoy

Introduction

Le niveau d’utilisation des méthodes contraceptives modernes reste faible en République Démocratique du Congo. La présente étude avait pour objectif d’analyser les facteurs associés à la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes dans la Zone de Santé rurale de Gombe Matadi.

Méthodes

Il s’est agi d’une étude transversale à visée analytique qui a été menée auprès de 302 femmes en âge de procréer sélectionnées suivant un échantillonnage aléatoire à trois degrés. Les données ont été collectée à travers les interviews structurées à l’aide d’un canevas.

 Résultats

Nos résultats indiquent que la prévalence contraceptive moderne était de 29% (IC95%, 22,6%-34,6%) ;  la majorité des femmes avaient déjà entendu parler de la planification familiale et la source principale d’information était le personnel de santé dans les formations sanitaires.  L’analyse  bi variée a permi d’identifier six déterminants de la faible l’utilisation de la contraception moderne: l’âge  ≤ à 20 ans (OR 3,875 IC 95% 1,126-1,146), la religion (OR 2,053 IC95% 1,125-3,717), le niveau bas de connaissance des Méthodes Contraceptives Modernes (OR 2,317 IC95% 1,273-4,219), l’absence de discussion avec le conjoint (OR 4,151 IC95% 1,680-12,134), la longue distance à parcourir pour obtenir l’offre de service de planning familial (OR 3,649 IC95% 1,322-19,72) et la non acceptation d’utiliser les MCM dans l’avenir (OR 5,268 IC95% 2,341-11,417). A l’issue de la régression logistique, trois facteurs associés à la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes ont été identifiés: le faible niveau de connaissance sur les MCM (OR 3,931 IC95% 1,898-8,143), les longues disntances (OR 5,235 IC95% 1,107-2,56) et le refus d’utiliser les méthodes  contraceptives modernes dans l’avenir (OR 6,211 IC95% 1,449-2,702).

En conclusions

L’utilisation des MCM reste faible dans la ZS de Gombe Matadi. Cette étude a permi de dégager des pistes pour améliorer les prestations en rapport avec l’offre de la planification familiale.

Mots clés : déterminants, faible utilisation, méthodes contraceptives modernes.