Dans ce contexte de pandémie de COVID 19, nous traitons dans le site internet de l’ESPK des certains aspects épidémiologiques et de recherche élaborés à travers la planète dans la lutte contre la propagation cette maladie infectieuse. Ceci dans un but également pédagogique pour nos apprenants et la communauté médicale, dans la lignée de nos activités d’enseignement et de formation, l’une des essences même de la raison d’existence de notre École de Santé Publique.

Nous abordons dans cette publication le thème de l’immunité de groupe, notion également dispensée par nos enseignants, notamment dans nos cours d’épidémiologie, de recherche et de santé environnementale. Dans la lutte contre la propagation du Covid 19, certains pays semblent avoir opté, jusqu’au moment où nous faisons cette publication, pour cette stratégie afin d’endiguer la pandémie. Parmi ces pays figurent le royaume uni et les pays bas. Nous reprenons ici deux articles des journaux internationaux reprenant et critiquant cette stratégie. Les références sources de ces publications se retrouvent au bas de chacun de ces articles.

  1. Coronavirus : l’immunité de groupe, un pari risqué

Pour endiguer la pandémie, le Royaume-Uni semble avoir misé sur une politique de relatif laisser-faire, une stratégie critiquée par les épidémiologistes.

Enrayer la propagation d’une maladie infectieuse dans une population par l’immunisation d’un certain pourcentage des individus. Le principe de l’immunité de groupe, aussi appelée immunité collective, grégaire ou de troupeau, sur lequel le gouvernement britannique mise pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, est bien connu avec les vaccinations. Outre qu’ils protègent à l’échelle individuelle, les vaccins permettent de contribuer à la protection d’autres personnes.

Bien souvent, la vaccination prévient la multiplication de l’agent pathogène, virus ou bactérie, chez la personne vaccinée. Celle-ci n’est donc plus susceptible de transmettre l’infection à ses proches, et elle agit « vis-à-vis du reste de la population, comme une barrière contre l’agent pathogène en interrompant la chaîne de transmission », selon un dossier pédagogique de Santé publique France.

Cette stratégie peut-elle être appliquée, sciemment, au nouveau coronavirus, contre lequel il n’existe aucun vaccin et auquel a priori 100 % de la population est sensible ? Alors que tous les pays prônent des mesures de distanciation sociale et de confinement, les Anglais sont les seuls à faire le pari d’une immunité collective, estimant que si 60 % de la population est infectée, cela permettrait d’éviter un second pic épidémique en 2021.

Une politique contestée de toute part, car jugée risquée. Même le Britannique Roy Anderson, un des grands spécialistes de l’immunité de groupe et qui a théorisé cette notion, ne semble pas l’envisager dans le cas présent. Dans un article publié en ligne le 9 mars dans la revue The Lancet, il insiste au contraire sur les mesures de distanciation sociale, et d’isolement précoce des malades.

Source : https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/16/l-immunite-de-groupe-un-pari-risque-face-au-covid-19_6033228_3244.html

  1. Coronavirus : qu’est-ce que l’immunité collective, la stratégie risquée de la Grande-Bretagne pour lutter contre le Covid-19 ?

Le gouvernement français vient de mettre en place des mesures de confinement afin de lutter contre la propagation du virus Covid-19. Mais d’autres pays, comme la Grande-Bretagne, se tournent davantage vers une autre stratégie, celle de l’immunité collective. De quoi s’agit-il exactement ?

Si la France, comme l’Espagne, et l’Italie, a choisi de mettre en place des mesures de confinement depuis quelques jours, voire quelques semaines, le Royaume-Uni a pour sa part opté pour une tout autre stratégie face à la propagation du virus Covid-19, qui sévit dans de nombreux pays, depuis début janvier 2020.

Le gouvernement anglais a en effet adopté la stratégie de l’immunité collective. Mais en quoi cela consiste ? À l’instar du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a déclaré que les Pays-Bas allaient opter pour ” un plan comprenant une distribution contrôlée” du virus Covid-19, les dirigeants Outre-manche ont choisi, pour l’heure, de se diriger vers le même scénario.

L’objectif de l’immunité collective, est de rendre la population résistante au virus. Pour se faire, on ne cherche pas à limiter sa propagation chez les personnes les moins à risques, afin que le virus devienne de plus en plus difficile à transmettre, en raison de la résistance grandissante de la population en question.

Pour justifier le choix que son pays a fait, Marke Rutte a précisé lors d’une récente déclaration que “ceux qui ont eu le virus sont généralement immunisés par la suite, comme c’était le cas autrefois avec la rougeole “.

L’idée est donc de limiter les déplacements et rassemblements, pour éviter que les populations à risques (personnes âgées, personnes immunodéprimées ou qui souffrent déjà de maladies respiratoires chroniques) soient exposées, mais sans demander le confinement, pour que la propagation du virus se poursuive malgré tout, et que la majorité de la population développe ainsi son immunité.

Mais comme le rappellent certains experts, l’immunité de masse est généralement gagnée grâce à la vaccination. La vaccination, est, elle, encadrée et permet de déclencher la formation d’anticorps, contrairement à l’exposition volontaire et peu contrôlée du virus, qui peut s’accompagner d’un nombre significatif de décès, alertent de nombreux spécialistes…

Source : https://www.femmeactuelle.fr/sante/news-sante/coronavirus-quest-ce-que-limmunite-collective-la-strategie-risquee-de-la-grande-bretagne-pour-lutter-contre-le-covid-19-2092243